Les cataphiles

PngouinsSi certains choisissent de visiter les Catacombes de Paris en empruntant les deux kilomètres de galeries souterraines aménagées, d’autres s’aventurent clandestinement dans les vastes carrières qui s’étendent sous la capitale pour découvrir des ossuaires inconnus du grand public… En 1983 la parution du livre « La cité des cataphiles », signé Barbara Glowczewski et Jean-François Matteudi, met en lumière ces promeneurs clandestins, baptisés « cataphiles ».

Un monde parallèle…

Après avoir attiré des personnages historiques comme le comte d’Artois, Madame de Polignac, François 1er ou encore Napoléon III les Catacombes sont depuis les années 60 le théâtre de nombreuses visites et réunions clandestines. Depuis les années 80 des fêtes underground, réunissant plusieurs centaines de personnes, sont régulièrement organisées dans les carrières. Parmi les cataphiles, on retrouve des adeptes des jeux de rôles, des sportifs, des étudiants qui viennent fêter la fin de leurs études. Des concerts sont aussi organisés : en 2002 un festnoz a rassemblé plus de trois cents personnes.

Une communauté multiple

Les cataphiles forment une communauté non homogène où les conflits sont fréquents. Certains veulent garder le lieu le plus secret possible alors que d’autres ont envie de témoigner pour que ce patrimoine soit connu de tous. Il existe aussi un point d’achoppement entre les puristes, qui souhaitent avant tout profiter de l’ambiance des carrières tout en protégeant les lieux et ceux qui veulent laisser une trace de leur passage et n’hésitent pas à apposer des tags voir parfois à vandaliser les galeries.

Des rumeurs tenaces

Souvent mal compris les cataphiles sont la proie aux rumeurs les plus folles. Quand on évoque des fêtes clandestines, organisées dans les Catacombes, certains imaginent qu’il s’agit d’étranges messes noires, d’orgies ou de rassemblements sectaires. On a aussi souvent évoqué la possibilité que les carrières soient le terrain de jeux favoris des trafiquants de drogue. Ces rumeurs ne sont pourtant fondées sur aucune preuve matérielle et l’ambiance qui règne dans les souterrains est plutôt bon enfant. On peut d’ailleurs assez facilement entrer en contact avec certains cataphiles en effectuant une simple recherche sur le net.

Une activité interdite

Par arrêté préfectoral datant du 2 novembre 1955 pénétrer clandestinement dans les carrières souterraines de la ville de Paris est formellement interdit. Les cataphiles jouent donc régulièrement au chat et à la souris avec la brigade sportive de la police nationale, chargée de patrouiller dans les galeries pour faire respecter la loi. Les visiteurs clandestins sont passibles d’amendes, allant de 60 à 3750€, s’ils ont emprunté une voie ferrée appartenant à la SNCF. Depuis 2007 ils peuvent même recevoir une citation à comparaître devant le tribunal de police. Des points d’entrée trop fréquentés sont régulièrement bouchés, mais les cataphiles trouvent toujours de nouvelles portes d’accès…

Photo:2012 André GildenSimilar Posts: